Des perturbateurs endocriniens peuvent se cacher dans les produits d’hygiène intime.
Un petit tour d’horizon de cette problématique avec notamment des conseils pour limiter leurs effets.
Mise en évidence des ces substances
Depuis les années 2010, des études d’associations de consommateurs (Que Choisir, 60 Millions de Consommateurs), l’ ANSES et autres ont identifié des substances dont des perturbateurs endocriniens.
Ces derniers peuvent impacter la santé des femmes ainsi que leur fertilité. Leur migration à travers la paroi vaginale ou par la peau de la vulve peut mettre en contact ces substances avec divers organes de la cavité pelvienne.
Même si les doses mesurées sont faibles, il ne faut pas oublier que cela ne signifie pas pour autant qu’il y a peu ou pas de danger pour la santé.
Comment évaluer l’exposition à ces substances, existe-t-il des seuils à ne pas dépasser ?
Beaucoup de questions restent encore en suspens notamment pour comprendre le transfert de ces substances. Cette voie d’exposition n’est pas documentée, à ce jour, que ce soit dans le cas de l’endométriose, du SOPK ou des infertilités.
Cependant, elle intéresse de plus en plus le monde médical en tant que nouvelle voie d’administration de médicaments, pas seulement ceux destinés à un usage féminin local.
perturbateurs endocriniens identifiés
Revenons sur la notion de perturbateurs endocriniens.
On appelle perturbateurs endocriniens des substances capables d’interférer avec les glandes sécrétant les hormones. Ils peuvent agir soit en modifiant la synthèse de celles-ci, soit au niveau de leurs récepteurs.
Ils pourraient augmenter les risques d’endométriose ou SOPK, des troubles de la fertilité (hommes et femmes), de pathologies comme le diabète, l’obésité, de cancers, de maladies neurologiques…
Origine de ces polluants chimiques
Les polluants des produits d’hygiène intime peuvent provenir :
🔸 de la contamination des sols sur lesquels a été cultivé le coton (métaux lourds, pesticides…)
🔸 des procédés de blanchiment du coton (dioxines…)
🔸 des procédés de fabrication et/ ou d‘emballage (HAP, phtalates, bisphénols…) notamment lors de la fabrication des films plastiques waterproof
A noter, aussi, que nous avons encore peu d’information sur ces procédés de fabrication
Ces études ont permis d’identifier des substances comme des phtalates, des bisphénols, des HAP, des dioxines, des parfums potentiellement allergisants, des métaux lourds (plomb, cadmium, cuivre, zinc…)…
Une publication scientifique de 2024 a montré une présence de métaux lourds particulièrement alarmante dans des éponges menstruelles (nickel, chrome, cobalt …). Etant donné la dangerosité de ces substances, il est préférable de s’orienter vers d’autres produits d’hygiène intime.
Quelques perturbateurs endocriniens identifiés
Regardons quels seraient les risques associés à certains de ces perturbateurs endocriniens.
🔸 Phtalates
- Atteinte de la fertilité (hommes et femmes)
- Troubles dans le développement et fonctionnement des systèmes reproducteurs
- Toxicité fœtale, altérations du développement de l’enfant
- Endométriose
- Syndrome des ovaires polykystique ou SOPK
- Résistance à l’insuline, diabète…
🔸 Bisphénols dont le bisphénol A
- Atteinte de la fertilité (hommes et femmes)
- Troubles dans le développement et fonctionnement des systèmes reproducteurs
- Puberté précoce
- Endométriose
- SOPK
- Diabète…
🔸 Dioxines
- Ade la fertilité (hommes et femmes)
- Toxicité fœtale, altérations du développement de l’enfant
- Endométriose
- SOPK
- Ménopause précoce
- Perturbation de la fonction thyroïdienne…
Des conseils pour réduire ses expositions
Si le développement de certains produits ont réduit l’impact écologique et leur coût d’utilisation, il ne faut pas oublier les risques qu’ils peuvent avoir sur la santé féminine.
Un décret de décembre 2023 sur des produits d’hygiène intime (Décret n° 2023-1427 ) devait entrer en vigueur au 1er avril 2024 mais ne le sera finalement qu’au 1er janvier 2025. Il obligera les fabricants à mentionner les substances sur les emballages. Ce décret concernera les tampons, serviettes absorbantes, coupes menstruelles, protège-slips et éponges menstruelles.
Regardons comment réduire les expositions à ces substances et comment diminuer le risque de choc septique. Voici des points à prendre en considération :
- Des certifications sans chlore élémentaire pour le coton utilisé
- TCF (Totally chlorine free)
- PCF (Processed chlorine free)
- SI (Sustainability index)
- Des protections périodiques certifiées bio et sans allergène
- Eviter les mentions « sans odeur » qui peuvent cacher des parfums
- Eviter aussi la mention « anti-microbien » qui peut être une source de biocide(s)
- Privilégier les mentions « 0% ou pas d’allergène » ou « sans substance allergisante » et « sans substance irritante»
- Préférer, si possible, des produits à usage unique ou les changer très régulièrement
- La composition des produits réutilisables peut s’altérer dans le temps avec, pour conséquence, plus de risque d’exposition (coupe menstruelle, applicateur de tampon en plastique réutilisable).
- Eviter les produits colorés qui exposent à des colorants en plus des autres substances déjà mentionnées
- Pour les coupes menstruelles, les choisir en silicone de qualité médicale (procédé de fabrication au platine)
- Eviter les éponges suite à la présence de métaux dangereux
- Conseils pour éviter le syndrome de choc septique Syndrome du choc septique ou maladie du tampon
- Bien se laver les mains avant et après leur mise en place
- Toujours rincer les produits réutilisables avant leur 1er usage
- Laver les produits réutilisables après chaque utilisation selon les recommandations des fabricants
- Changer de tampon, vider et laver les coupes toutes les 4 à 6 heures maximum
- Privilégier les serviettes hygiéniques pour la nuit
- Rechercher les logos ci-dessous sur les emballages
- ECOLABEL européen
- ECOCERT
Conclusions
Bien choisir ses protections menstruelles peut s’avérer difficile car vouloir réduire son impact écologique ne va pas de paire avec la réduction de ses expositions aux perturbateurs endocriniens.
Il ne faut pas oublier aussi la précarité menstruelle d’un grand nombre de femmes qui s’orientent de plus en plus vers des produits réutilisables. Il faut, alors, bien les informer sur les risques pour leur santé et sur la manière de bien les employer.
Pour rappel, le Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes a indiqué, en 2024, qu’une femme sur 3 est confrontée à la précarité menstruelle, surtout chez les jeunes femmes.
Ces perturbateurs endocriniens étant de plus en plus incriminés dans le développement de l’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et les troubles de la fertilité, il est absolument nécessaire de l’inclure dans les programmes d’accompagnement des femmes. Découvrir mes programmes spécifiques
Pour en savoir plus
Santé menstruelle. Protection des femmes contre les substances toxiques, guide de WECF France, 2023.
Protections intimes périodiques : comment les utiliser en toute sécurité ?, AMELI, article web, février 2025.
Protections intimes et risque de choc toxique lors des règles, AMELI, article web, février 2025.
Produits de protection intime : quelles sont les recommandations d’utilisation de l’ANSES ?, Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre), article web, mars 2024.
Lutte contre la précarité menstruelle : un accès gratuit aux protections périodiques pour les étudiantes, Ministère chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, article web, février 2021.
Questions au Parlement sur le Décret visant à obliger les industriels à plus de transparence quant à la composition des protections périodiques, question écrite n°07158, juin 2023.
Décret n° 2023-1427 du 30 décembre 2023 relatif à l’information sur certains produits de protection intime.
Protection menstruelle : iniquités et toxicité, une publication du laboratoire spécialisé en recherche toxicologique dans les sciences de la reproduction, IRS Canada, 2023.
Comparative study of different menstrual sanitary materials, pros and cons of long -use from a medical, chemical and environmental perpective : a systemic review, décembre 2024.
Chemical characterization of feminine intimate products: an extractables & leachables investigation, prépublication, 2024
Ce syndrome, évolutif au cours de la vie, peut conduire à des complications cardio-vasculaires, au diabète de type 2 mais il peut aussi augmenter le risque de cancer de l’endomètre. D’où l’importance d’accompagner et de suivre les femmes concernées le plus tôt possible et pendant toute leur vie.
Selon l’OMS, on estime qu’1 femme sur 7 dans le monde est atteinte par le SOPK mais que 70% d’entre elles ne sont pas encore diagnostiquées. L’association SOPK Europe avance, quant à elle, le chiffre de 2.5 millions de femmes concernées en France. Mais la prévalence du SOPK montre une disparité au sein de l’Union Européenne, comme le montre le document ci-dessous.

es perturbateurs endocriniens peuvent se cacher dans de nombreux produits de notre environnement et parmi nos produits d’usages courants, y compris dans les produits d’hygiène intime. Les produits lavants et lingettes intimes ne seront pas évoqués ici.
Un petit tour d’horizon de cette problématique avec notamment des conseils pour limiter leurs effets.
Mise en évidence des ces substances
Depuis les années 2010, des études d’associations de consommateurs (Que Choisir, 60 Millions de Consommateurs), l’ ANSES et autres ont identifié des substances dont des perturbateurs endocriniens qui peuvent impacter la santé des femmes mais aussi des hommes ainsi que leur fertilité. Leur migration à travers la paroi vaginale ou par la peau de la vulve peut mettre en contact ses substances avec des organes de la cavité pelvienne.
Même si les doses mesurées sont faibles, il ne faut pas oublier que cela ne signifia pas pour autant qu’il y a peu ou pas de danger pour la santé
Comment évaluer l’exposition à ces substances, existe-t-il des seuils à ne pas dépasser ?
Beaucoup de questions restent encore en suspens aujourd’hui notamment pour comprendre le transfert de ces substances. Cette voie d’exposition n’est pas documentée, à ce jour, dans le cas d’endométriose, du SOPK et autres troubles dont les infertilités…
Cependant, elle intéresse de plus en plus le monde médical en tant que nouvelle voie d’administration de médicaments pas seulement ceux destinés à un usage féminin local.
perturbateurs endocriniens identifiés
Revenons sur la notion de perturbateurs endocriniens.
On appelle PE des substances spécifiques interagissant avec les glandes fabriquant les hormones. Ils peuvent agir soit en modifiant la synthèse de celles-ci , soit au niveau de leurs récepteurs sur les organes cibles. Ils pourraient augmenter les risques de : problèmes féminins, de troubles de la fertilité (hommes et femmes), de pathologie comme le diabète, l’obésité, de divers cancers, de maladies neurologiques…
Origine de ces polluants chimiques
Les polluants des produits d’hygiène intime peuvent provenir :
🔸 de la contamination des sols où sont cultivés le coton (métaux lourds, pesticides…)
🔸 des procédés de blanchiment du coton (dioxines…)
🔸 des procédés de fabrication et/ ou d‘emballage (HAP, phtalates, bisphénols…) notamment pour la fabrication des films plastiques waterproof
A noter que nous avons peu d’information sur ces procédés de fabrication
Ces études ont permis d’identifier des substances comme des phtalates, des bisphénols, des HAP, les dioxines, des métaux lourds, des parfums pouvant être allergisants, des métaux lourds (plomb, cadmium, cuivre, zinc…), etc…
Une publication de chercheurs belges (2024) a montré la présence de métaux lourds particulièrement alarmantes dans des éponges menstruelles (nickel, chrome, cobalt …). Etant donné la dangerosité de ces substances, il est préférable de s’orienter vers d’autres produits d’hygiène intime.
Quelques perturbateurs endocriniens identifiés
Regardons quels seraient les risques associés à certains de ces perturbateurs endocriniens.
🔸 Phtalates
- atteinte de la fertilité (hommes et femmes)
- troubles dans le développement et fonctionnement des systèmes reproducteurs
- toxicité fœtale, altérations du développement de l’enfant
- endométriose
- SOPK
- résistance à l’insuline, diabète…
🔸 Bisphénols dont le bisphénol A
- atteinte de la fertilité (hommes et femmes)
- troubles dans le développement et fonctionnement des systèmes reproducteurs
- puberté précoce
- endométriose
- SOPK
- diabète…
🔸 Dioxines
- atteinte de la fertilité (hommes et femmes)
- toxicité fœtale, altérations du développement de l’enfant
- endométriose
- SOPK…
- ménopause précoce
- perturbation de la fonction thyroïdienne
Des conseils pour réduire ses expositions
Si le développement de certains produits ont réduit l’impact écologique et leur coût d’utilisation, il ne faut pas oublier les risques qu’ils peuvent avoir sur la santé féminine.
Regardons comment réduire les expositions à ces substances et diminuer le risque de choc septique.
Un décret de décembre 2023 sur des produits d’hygiène intime (Décret n° 2023-1427 ) devait entrer en vigueur au 1er avril 2024 mais ne le sera finalement qu’au 1er janvier 2025. Il obligera les fabricants à mentionner les substances sur les emballages. Ce décret concernera les tampons, serviettes absorbantes, coupes menstruelles, protège-slips et éponges menstruelles.
- Des certifications sans chlore élémentaire pour le coton utilisé
- TCF (Totally chlorine free)
- PCF (Processed chlorine free)
- SI (Sustainability index)
- Les protections périodiques certifiées bio et sans allergène
- Eviter les mentions « sans odeur » qui peuvent cacher des parfums
- Eviter aussi la mention « anti-microbien » qui peut être une source de biocide(s)
- Privilégier les mentions « 0% ou pas d’allergène » ou « sans substance allergisante » et « sans substance irritante»
- Préférer, si possible, des produits à usage unique ou les changer très régulièrement
- La composition des produits réutilisables peut s’altérer à la longue avec, pour conséquence, plus de risque d’exposition (coupe menstruelle, applicateur de tampon en plastique réutilisable).
- Eviter les produits colorés qui exposent à des colorants en plus des autres substances déjà mentionnées
- Pour les coupes menstruelles, les choisir en silicone de qualité médicale (procédé de fabrication au platine)
- Eviter les éponges suite à la présence de métaux dangereux
- Recommandations pour éviter le syndrome de choc septique Syndrome du choc septique ou maladie du tampon
- Bien se laver les mains avant et après leur mise en place
- Toujours rincer les produits réutilisables avant leur 1er usage
- Laver les produits réutilisables après chaque utilisation selon les recommandations des fabricants
- Changez de tampon, vider et laver les coupes toutes les 4 à 6 heures maximum
- Privilégier les serviettes hygiéniques pour la nuit
- Pour des produits réutilisables
- Rechercher la présence des logos ci-dessous sur les emballages
- ECOCERT
- ECOLABEL européen
Bien choisir ses protections menstruelles peut s’avérer difficile car vouloir réduire son impact écologique ne va pas de paire avec la réduction de ses expositions aux perturbateurs endocriniens.
Il ne faut pas oublier aussi la précarité menstruelle d’un grand nombre de femmes qui s’orientent de plus en plus vers des produits réutilisables. Il faut alors bien les informer sur les risques pour leur santé et sur la manière de bien les employer.
Pour rappel, le Ministère chargé de l’égalité entre les femmes et les hommes a indiqué, en 2024, qu’une femme sur 3 est confrontée à la précarité menstruelle, surtout chez les jeunes femmes.
Ce syndrome, évolutif au cours de la vie, peut conduire à des complications cardio-vasculaires, au diabète de type 2 mais il peut aussi augmenter le risque de cancer de l’endomètre. D’où l’importance d’accompagner et de suivre les femmes concernées le plus tôt possible et pendant toute leur vie.
Selon l’OMS, on estime qu’1 femme sur 7 dans le monde est atteinte par le SOPK mais que 70% d’entre elles ne sont pas encore diagnostiquées. L’association SOPK Europe avance, quant à elle, le chiffre de 2.5 millions de femmes concernées en France. Mais la prévalence du SOPK montre une disparité au sein de l’Union Européenne, comme le montre le document ci-dessous.

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